Crosses toi le gros! La chose la plus facile à faire dans la vie. Crosses toi le gros! Passes demain à l’épicerie pour m’acheter ce que je veux. Crosses toi le gros! Remplis toi la panse pis réfléchis pas à ce que ça pourrait te faire quand ça va vraiment compter… Crosses toi le gros! La vie était facile quand t’avais juste ta peau? Crosses toi le gros! Penses à toi, juste à toi… Crosses toi le gros!
C’est ce que Paolo me disait toujours quand il était question de me détendre au bord de la plage. Je préférais le bord de la piscine à Milwaukee ou bien la flaque d’eau près du dépanneur avec la face de Englund en pizza pochette dans mon champs de vision. Ça m’a toujours rendu puissant de faire comme lui et de me passer un couteau dans la face.
Paolo parlait aussi de fiction pure. Le jour où il avait su pour les restes de table retrouvés derrière le fourneau à pain avait contribué à beaucoup de fou rire durant la nuit du 9 novembre 2001. Je me rappelerais toujours c’était après le 11 septembre 2004. On avait mangé de la saucisse de wapitis. Paolo paralysait la parentée et fusait de propos ambivalents lorsque l’un des invités se mit à le dévisager sauvagement le prenant par la tête avec ses mains, ses bras en angle droit. Paolo était pris au piège. Il essaya de se dévêtir de cette antre manuelle puissante. Les bras de l’assaillant était raide et plein de veines qui mouillé par la sueure intensifiée d’un massacre caniculaire. Paolo secoua sa tête de manière artistique et se déprit, puis se remit à dire de la fiction pure.
Les gens se mirent à parler de danse australienne et Paolo se mit à crier. Je pris Paolo par les hanches, le souleva et le mit dans son peignoire. Il alla s’asseoir en retrait de la foule et s’alluma une cigarette longue, très longue. Je ne le quitta pas des yeux et le fixait autant que possible du coin de l’oeil. Il savait que quelque chose n’allait pas rond car, nous aimons tous la fiction pure. Les gens lui étaient indifférents et ne voulaient pas l’écouter. Il remit la cigarette-cigarillo à sa bouche et tourna la tête vers mois. Son regard était amplifié par le blanc de ses yeux et le noir de ses pupilles noires. Je n’avais que faire de ses prétentions. La terre avait eu le temps de se refaire avant qu’une once de violence me fasse sursauter.
Il était temps pour moi de laisser Paolo à sa fiction pure. Comme les autres, j’aurais une vie bien à moi. Je n’irais pas un soir de vacance aller me balancer sur le bord d’une falaise en Azerbaijan. J’aurais une voiture et je me balladerais. Paolo lui aurait toujours cette même fiction pure. Rien ne saura lui enlever cette fiction pure aussi pure. Une fiction qui commence par une volonté de dire au monde entier d’aller se faire plaisir. Paolo était mon ami à moitié lui-même, l’autre moitié appartient aux étoiles et aux farfadets.
On remit le lendemain à Paolo un cahier remplis de fiction pure, laquelle fut écrite en suivant les étapes de cette fameuse crise qui le rendra célèbre.